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Retrouver un ventre plat à la ménopause, sans faire d'abdos

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Le ventre s'installe, alors on fait des abdos. C'est le réflexe le plus répandu, et c'est aussi celui qui donne le moins de résultats : on peut faire cent relevés de buste par jour sans qu'un gramme de graisse abdominale ne bouge. Voici pourquoi, et ce qui agit réellement sur la silhouette du ventre.

Un muscle ne puise pas dans la graisse qui le recouvre

C'est le point de départ, et il règle à lui seul la moitié de la question. Quand un muscle travaille, il consomme de l'énergie, mais il la prend dans le sang, pas dans le tissu graisseux posé au-dessus de lui.

Cette énergie vient de toutes les réserves du corps, dans un ordre que ton entraînement ne commande pas. Les études qui ont fait travailler un seul côté du corps pendant des semaines le montrent bien : la graisse ne part pas davantage du côté entraîné.

Autrement dit, la perte de graisse localisée n'existe pas. Les abdos musclent la paroi, ils ne déblaient pas ce qui la recouvre. C'est vrai à vingt ans comme à cinquante-cinq, sauf qu'à vingt ans le ventre était déjà plat, ce qui donnait l'illusion que les abdos y étaient pour quelque chose.

Pourquoi le ventre s'installe précisément à ce moment-là

La quantité totale de graisse ne se met pas à exploser du jour au lendemain. C'est son emplacement qui change.

Avant la ménopause, l'œstradiol oriente le stockage vers les hanches et les cuisses. Quand il baisse, cette consigne disparaît, et la graisse se dépose là où elle va par défaut : autour de la taille, et surtout en profondeur, autour des organes.

Cette graisse profonde ne se pince pas entre deux doigts. Elle pousse la paroi abdominale vers l'avant, ce qui donne un ventre ferme et rond, très différent du pli mou qu'on peut attraper. Beaucoup de femmes constatent que leur tour de taille grandit alors que la balance a peu bougé : c'est exactement cette bascule.

S'y ajoute la fonte musculaire, qui commence bien avant et s'accélère à cette période. Moins de muscle veut dire moins d'énergie brûlée au repos, donc un surplus qui s'installe sans qu'on ait rien changé à ses habitudes.

Trois ventres différents, qu'on confond tout le temps

Avant de chercher quoi faire, il faut savoir de quoi on parle, parce que les réponses n'ont rien à voir.

Le ventre de graisse profonde : ferme, rond, présent du matin au soir. Il répond à la perte de masse grasse générale, jamais à un exercice ciblé.

Le ventre gonflé : plat au réveil, arrondi en fin de journée, parfois d'un repas à l'autre. C'est de la digestion, pas de la graisse. Il répond à ce que tu manges et à la façon dont tu manges.

Le ventre de posture : le bassin bascule vers l'avant, la paroi profonde ne tient plus, le ventre part en avant même chez une femme mince. Il répond au gainage et au maintien, et c'est le seul des trois qui change vite.

La plupart des femmes ont un mélange des trois. C'est pour ça qu'aucune solution unique ne fonctionne.

Ce que les abdos classiques t'apportent, et ce qu'ils ne t'apportent pas

Les relevés de buste travaillent le grand droit, ce muscle en tablettes qui court du sternum au pubis. Il fléchit le tronc vers l'avant. C'est utile, mais c'est un mouvement que la vie quotidienne demande rarement.

Surtout, ce n'est pas lui qui tient le ventre. Le muscle qui rentre la paroi est plus profond : le transverse, une sangle horizontale qui entoure l'abdomen comme une ceinture. Lui, on ne l'entraîne pas en fléchissant le buste, on l'entraîne en résistant au mouvement.

Il y a un second point, moins connu et qui compte quand on cherche une silhouette. Un muscle travaillé sous charge grossit, les obliques comme les autres, et certaines sources en déduisent qu'une taille peut s'élargir à force de rotations lestées. Aucune étude ne tranche ce point, et c'est justement pour ça qu'on l'écarte : le coût de l'erreur n'est pas le même dans les deux sens. Les mêmes mouvements au poids du corps ne posent aucun problème : ce n'est pas l'exercice qui est en cause, c'est la charge.

Deux situations méritent d'être vérifiées avant de choisir tes exercices, et elles concernent beaucoup de femmes après plusieurs grossesses. La diastase des grands droits, c'est-à-dire un écartement persistant des deux bandes musculaires de l'avant du ventre : allongée sur le dos, genoux pliés, décolle légèrement la tête et passe les doigts le long de la ligne médiane; si tu sens un espace de plus de deux doigts, les relevés de buste sont à éviter et le travail se construit avec un kinésithérapeute. Les troubles du périnée ensuite, fuites urinaires à l'effort ou sensation de pesanteur : ils demandent une prise en charge avant tout travail abdominal intensif, parce que la pression exercée sur l'abdomen se reporte vers le bas.

Ce qui fait vraiment fondre le ventre

Un déficit d'énergie modéré, pas une privation. La graisse profonde est d'ailleurs la première à partir, ce qui explique qu'on ressente une différence à la ceinture avant de la voir sur la balance.

Des protéines suffisantes, sans quoi le déficit prend sur le muscle. Or le muscle est justement ce qui maintient la dépense au repos, donc ce qui rend la suite possible.

De la musculation sur les grands mouvements. Un squat, un soulevé de terre, un tirage engagent l'ensemble de la sangle abdominale sous charge, bien plus efficacement qu'un exercice d'abdos isolé. Et ils reconstruisent du muscle partout, ce qui remonte la dépense.

Du sommeil. Les nuits courtes augmentent le cortisol, et le cortisol favorise le dépôt de graisse dans la zone abdominale, à cause de la densité de ses récepteurs à cet endroit.

Rien là-dedans n'est spécifique au ventre, et c'est précisément le point : on ne perd pas du ventre, on perd de la graisse, et le ventre en fait partie. Cette graisse-là a ses propres règles, et elles sont détaillées dans notre article sur la graisse abdominale à la ménopause.

Le détail du déficit, des protéines et du rythme de perte est dans comment perdre du poids à la ménopause.

Les exercices qui tiennent la paroi, sans un seul relevé de buste

La planche, en appui sur les avant-bras, corps aligné, ventre rentré. Elle entraîne le transverse dans son vrai rôle : empêcher le bassin de tomber. Trente secondes tenues correctement valent mieux qu'une minute avec les reins creusés.

Le gainage latéral, qui travaille les obliques sans charge et sans rotation. C'est la version qui ne pose pas la question de l'épaississement, puisque c'est la charge qui est en cause, pas la zone.

Le dead bug, allongée sur le dos, à décoller lentement un bras et la jambe opposée en gardant le bas du dos plaqué au sol. Peu spectaculaire, très efficace, et sans aucune contrainte sur la nuque.

Le bird dog, à quatre pattes, même principe en position inversée. Il ajoute le travail des muscles du dos, qui participent autant au maintien du ventre que ceux de devant.

Et le simple fait de porter : une charge tenue d'un seul côté, sur quelques mètres, oblige toute la sangle à empêcher le buste de pencher. C'est du gainage déguisé, et c'est un geste de la vie courante.

La posture change la silhouette avant que la graisse ne bouge

C'est le résultat le plus rapide, et le plus sous-estimé. Un bassin qui cesse de basculer vers l'avant, une cage thoracique qui se repose sur le bassin au lieu de s'ouvrir, une respiration qui descend dans les côtes plutôt que dans le haut de la poitrine : le ventre rentre de plusieurs centimètres sans qu'un gramme n'ait été perdu.

Ce n'est pas de la triche. Un ventre qui ressort par bascule du bassin est un ventre dont la paroi ne travaille plus, et le remettre en place est un vrai gain, pas une illusion d'optique.

Le repère le plus simple, à vérifier debout : les côtes et le pubis doivent être l'un au-dessus de l'autre, pas décalés. Si les côtes partent en avant, la sangle abdominale est étirée en permanence et ne peut rien tenir.

Le ventre gonflé, qui n'a rien à voir avec la graisse

Si ton ventre est plat au réveil et distendu le soir, aucun exercice ne changera quoi que ce soit, parce que ce n'est pas un problème de muscle ni de graisse.

Les causes les plus courantes sont banales : manger vite, donc avaler de l'air; augmenter les fibres d'un coup, en légumineuses ou en crudités, alors que la flore intestinale a besoin de quelques semaines pour s'adapter; et le stress, qui ralentit la digestion.

L'ajustement est simple : augmenter les fibres progressivement sur trois à quatre semaines plutôt que du jour au lendemain, et ralentir aux repas. Si le gonflement est quotidien, douloureux, ou accompagné d'un transit très perturbé, c'est une question à poser à un médecin, pas à un programme sportif.

Combien de temps, honnêtement

La posture répond en deux à quatre semaines. C'est le premier changement visible, et il vient du maintien, pas de la perte.

Le gonflement digestif répond en quelques jours dès que la cause est identifiée.

La graisse profonde demande des mois, et elle suit la perte générale. Un tour de taille qui diminue d'un centimètre par mois est un rythme réaliste et tenable.

Une dernière chose, qui vaut d'être dite : la forme du ventre dépend aussi de la charpente, du nombre de grossesses et de l'histoire de chacune. L'objectif utile n'est pas le ventre de quelqu'un d'autre, c'est une taille qui diminue et une paroi qui tient.

Sources principales

  1. Anses, « Actualisation des repères du PNNS : révision des repères relatifs à l'activité physique et à la sédentarité », rapport d'expertise collective, février 2016.
  2. Vispute SS et coll., « The effect of abdominal exercise on abdominal fat », Journal of Strength and Conditioning Research, 2011.
  3. Ramírez-Campillo R et coll., « Regional fat changes induced by localized muscle endurance resistance training », Journal of Strength and Conditioning Research, 2013.
  4. Greendale GA et coll., « Changes in body composition and weight during the menopause transition », JCI Insight, 2019 (étude SWAN).
  5. Lovejoy JC et coll., « Increased visceral fat and decreased energy expenditure during the menopausal transition », International Journal of Obesity, 2008.
Cet article est informatif et relève du bien-être. Il n'établit aucun diagnostic et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Pour toute question sur ta situation personnelle, parles-en à ton médecin.

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