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Garder la motivation pour perdre du poids à la ménopause

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On présente la perte de poids comme une affaire de motivation : il faudrait « rester motivée », entretenir la flamme, s'accrocher. Après quelques semaines, la flamme retombe, c'est son fonctionnement normal, et la démarche s'arrête avec elle. Ce qui fait tenir sur des mois, en préménopause comme à la ménopause, est d'un autre ordre : des séances à jour fixe, des décisions prises à l'avance plutôt qu'au moment, des repères de progression qui ne dépendent pas de la balance, et une façon précise de reprendre après une interruption. Cet article remplace la motivation pièce par pièce.

La motivation est une énergie de démarrage

Toutes les femmes qui ont suivi un programme alimentaire ou sportif connaissent la séquence : un élan puissant les premières semaines, puis un effritement progressif. C'est le fonctionnement normal du cerveau face à un effort soutenu : la nouveauté excite, la routine fatigue. Une démarche qui repose sur l'envie s'arrête donc, mécaniquement, le jour où l'envie s'arrête.

Ce qui fait tenir sur douze mois, cinq ans, vingt ans, ce sont les habitudes. Une habitude est un comportement automatisé, qui ne demande presque aucune décision : te brosser les dents le matin ne te coûte rien, parce que c'est devenu un automatisme. Une habitude bien installée consomme beaucoup moins d'énergie qu'un comportement tenu à la volonté. C'est pourquoi les premières semaines sont les plus dures, et pourquoi ça devient nettement plus facile ensuite.

Un chiffre utile, parce qu'il circule faux partout : les 21 jours censés suffire à créer une habitude ne reposent sur rien. Le travail de référence sur la question donne une médiane d'environ 66 jours, avec des écarts considérables d'une personne et d'un comportement à l'autre, de trois semaines à huit mois. Autrement dit, si l'automatisme n'est pas là au bout d'un mois, ce n'est pas un échec, c'est le calendrier normal.

La question utile n'est donc pas « comment rester motivée », mais « qu'est-ce que je mets en place pour que ça continue les jours où je ne le suis pas ». Tout le reste de cet article répond à cette deuxième question.

Décider une fois, plutôt que renégocier chaque soir

Compter sur ta volonté, c'est compter sur ce qu'il t'en restera à 21 heures, après une journée entière d'arbitrages. C'est précisément l'heure où se jouent la plaquette de chocolat et la séance repoussée au lendemain. Le modèle de la volonté comme réservoir qui se vide est aujourd'hui discuté par les chercheurs, mais le constat pratique, lui, ne bouge pas : plus une journée comporte de décisions, moins les dernières se prennent bien. La solution n'est pas d'augmenter ta volonté, c'est de réduire le nombre de décisions à prendre. Trois leviers.

L'environnement. S'il y a du chocolat dans le placard, ta volonté devra lui résister chaque soir. S'il n'y en a pas, il n'y a pas de combat. Aménage ton frigo et tes placards pour que les choix qui te servent soient les choix faciles, et que les autres demandent un effort réel. La décision se prend alors une fois par semaine, au supermarché, à un moment où tu es en état de la prendre.

La répétition au même moment. Une habitude s'installe plus vite quand elle se déclenche dans un contexte stable : la séance toujours au même créneau de la semaine, le petit-déjeuner protéiné toujours dans la même fenêtre.

Le couplage à une habitude existante. Accole le nouveau comportement à un automatisme déjà en place : la marche après le déjeuner, la tisane à la fin du dîner. Le déclencheur existe déjà, tu n'as rien à te rappeler.

Des séances à jour fixe, posées dans l'agenda

La séance de musculation est l'habitude la plus structurante quand on veut perdre du poids à la ménopause, et l'une des plus difficiles à installer. Le réglage qui change tout : des jours et des heures fixes, écrits dans l'agenda comme des rendez-vous médicaux. Pas « trois séances entre lundi et vendredi », qui laisse la négociation ouverte sept jours sur sept; lundi 18 h 30, mercredi 7 h, samedi 10 h. Chaque « quand est-ce que j'y vais » supprimé est une discussion que tu n'auras pas à gagner.

Quatre réglages font la différence entre les séances prévues et les séances faites.

Le créneau où tu as le moins à négocier avec toi-même. Pour beaucoup de femmes actives, le matin avant le travail ou la sortie de bureau fonctionnent mieux que le soir tard : le matin, l'énergie est intacte; à 20 heures, la fatigue plaide contre toi.

La préparation la veille. Tenue sortie, sac prêt, écouteurs chargés. Plus la séance est simple à enclencher, moins ton cerveau trouve d'occasions de discuter.

Le coût d'entrée le plus bas possible. En salle, choisis-en une à dix minutes maximum de chez toi ou du bureau. À la maison, garde ton matériel dans une pièce dégagée, prêt à servir. Les deux cadres se valent; ce qui compte, c'est que démarrer prenne moins de cinq minutes.

Le rendez-vous avec quelqu'un. Une partenaire d'entraînement, même occasionnelle, change le taux de présence : on honore plus facilement un engagement pris envers quelqu'un d'autre qu'envers soi-même.

Prévois enfin, dès maintenant, la version des semaines qui débordent : en déplacement cinq jours, une séance de 25 minutes au poids du corps dans la chambre d'hôtel. Pas zéro. Si tu pars de rien, notre article musculation femme 50 ans : par où commencer détaille les premières séances.

Perdre du poids à la ménopause : des repères qui avancent quand la balance hésite

Quand tu as du gras à perdre et que tu tiens un déficit raisonnable, la balance descend, de l'ordre de 0,5 à 0,7 % de ton poids par semaine : environ 2 kilos par mois pour une femme de 75 kilos, une dizaine de kilos sur un semestre. Le trajet complet est décrit dans comment perdre du poids à la ménopause sans régime. Ce rythme est une moyenne : à l'échelle de la semaine, l'eau, les hormones et la digestion font bouger le chiffre dans les deux sens. Si la balance est ton seul repère, ces oscillations te feront douter d'une démarche qui fonctionne.

D'où l'intérêt de repères qui avancent même les semaines où le poids hésite, et qui ne dépendent pas de ton humeur du jour.

Les charges soulevées. Tu soulevais 12 kilos sur un mouvement il y a deux mois, tu en soulèves 17 aujourd'hui. Cette progression est l'indicateur le plus direct de la construction musculaire, elle précède la transformation visible de plusieurs semaines, et elle a une propriété précieuse : elle reste vraie les jours où tu n'as envie de rien.

Le tour de taille, tous les quinze jours. Le matin à jeun, au niveau du nombril, sans serrer. C'est un complément au poids, jamais un substitut : il montre la part du travail que la balance sous-estime quand le muscle revient pendant que le gras part.

Les vêtements. Un pantalon qui ferme autrement, une chemise qui tombe différemment sur les épaules : un retour quotidien, fiable, gratuit.

Les photos mensuelles. Une de face, une de profil, même lumière, même tenue, même mur, le 1er du mois. Comparées sur trois ou six mois, elles montrent ce que le miroir quotidien ne laisse pas voir.

Ce suivi à plusieurs entrées n'est pas un raffinement. La majorité des abandons se produisent pendant les phases où la balance stagne deux ou trois semaines alors que tout le reste progresse. Avec quatre repères, ces phases se traversent; avec la balance seule, elles se terminent trop souvent par un abandon.

Un cadre qui survit à une semaine difficile

Il y aura des jours sans envie. La fatigue, le stress, le sommeil dégradé et les fluctuations hormonales de la préménopause ont un effet réel sur l'énergie disponible; un cadre qui exige une forme parfaite pour être suivi ne survivra pas à un mois de vie normale. Trois principes pour ces jours-là.

Réduire, jamais annuler. Séance de 60 minutes prévue et rien dans les jambes : fais 25 minutes sur les exercices principaux. Pas la force de cuisiner : une boîte de thon, un avocat, une tranche de pain. La règle tient en trois mots : jamais tomber à zéro. Une séance courte entretient l'habitude; une séance annulée commence à la défaire.

Distinguer l'inertie du départ de la vraie panne. Une lourdeur qui se dissipe vingt minutes après le début de la séance n'était pas une panne, c'était l'inertie du démarrage, et elle trompe presque tout le monde. Un épuisement qui s'aggrave après dix minutes d'effort en est une vraie : ce jour-là, tu peux t'arrêter ou décaler sans que ce soit un problème.

Poser une question à partir du troisième jour. Une journée sans envie n'appelle aucune analyse. Trois jours d'affilée méritent une question : sommeil dégradé, stress qui s'accumule, période particulière ? La réponse oriente la suite, elle ne condamne rien.

Le tout ou rien coûte plus cher que tous les écarts réunis

Le scénario est toujours le même. Trois semaines impeccables. Un dîner d'anniversaire qui dérape. Le lendemain, séance sautée, « la semaine est foutue ». Le surlendemain, deux pains au chocolat, « c'est cuit ». Une semaine plus tard, la démarche est abandonnée, avec promesse de « reprendre vraiment lundi ». Un écart de 600 calories vient de coûter des mois.

Les chiffres remettent l'épisode à sa place : sur un mois, deux ou trois journées hors cadre n'ont aucun impact mesurable sur les résultats si les autres journées tiennent. Un repas de fête est une donnée parmi une trentaine de journées. La réponse au tiramisu de samedi soir, c'est le petit-déjeuner protéiné de dimanche matin; pas un jeûne pour expier, pas une double séance pour punir, pas la balance dès le réveil.

Méfie-toi au passage des suivis qui comptent les jours parfaits consécutifs : un compteur qui retombe à zéro à la première entorse installe exactement le raisonnement « c'est cuit » décrit plus haut. La régularité qui produit des résultats se mesure sur le mois entier. Ce mécanisme du tout ou rien est d'ailleurs l'un des moteurs de l'effet yoyo, qui coûte du muscle à chaque cycle.

Reprends au repas suivant, pas au lundi suivant. Cette phrase résume la compétence qui sépare celles qui tiennent un an de celles qui recommencent chaque printemps.

La reprise après une interruption : le moment où tout se joue

Un voyage professionnel chargé, une maladie, un deuil, un enfant en difficulté : il arrivera une période de sept, dix, quinze jours où rien ne tiendra. C'est là que tout se joue, parce que la plupart des démarches ne meurent pas pendant l'interruption; elles meurent au moment de la reprise, quand elle prend l'allure d'une montagne. Quatre principes la rendent praticable.

Reprendre là où tu es, pas là où tu étais. Après deux semaines d'arrêt, la première séance n'a pas à ressembler à la dernière d'avant. Une version courte, des charges un peu en dessous de tes dernières marques, et tu remontes en quelques séances. Vouloir redémarrer au niveau exact où tu t'étais arrêtée transforme la première séance en épreuve, et une épreuve se reporte.

Commencer par le prochain repas, pas par un plan. Le premier geste de reprise n'est pas de replanifier la semaine, c'est de cadrer le repas qui vient. Un seul. Le reste suit.

Ne rien rattraper. Les séances manquées sont manquées, les repas des vacances sont mangés. Chercher à compenser produit des semaines punitives, qui préparent la prochaine interruption.

Surveiller le langage intérieur. Si les mots qui montent sont de ceux que tu ne dirais jamais à une amie, « nulle », « molle », « incapable de tenir », reformule, honnêtement mais sans cruauté. Ce point n'a rien de décoratif : la dureté nourrit la honte, la honte nourrit la consolation alimentaire ou l'évitement, et la spirale s'entretient toute seule. L'auto-compassion ne dit pas « ce n'est pas grave, mange ce que tu veux »; elle dit « tu peux faire mieux au repas suivant ». Un repère simple : si une amie chère traversait la même période, comment lui parlerais-tu ? Parle-toi avec cette voix-là.

Les premiers gestes, ceux qui coûtent le moins

Quatre gestes suffisent à poser le cadre.

Choisis tes jours et tes heures de séance pour les quatre prochaines semaines, et écris-les dans l'agenda. Deux séances tenues valent mieux que quatre espérées; tu pourras monter ensuite.

Mesure ton tour de taille de départ et note-le avec la date. Dans six semaines, tu seras contente de l'avoir fait.

Note tes charges dès la première séance, exercice par exercice. C'est le repère qui bougera le plus vite, et le premier à te montrer que ça avance.

Décide dès maintenant de ta version réduite : la séance de 25 minutes et le repas de secours des jours où rien ne va. Une démarche qui a prévu ses mauvais jours est une démarche qui les traverse.

Rien dans cette liste ne demande de la motivation. C'est exactement le but.

Sources principales

  1. Santé publique France, « Recommandations relatives à l'alimentation, à l'activité physique et à la sédentarité pour les adultes », 2019.
  2. Teixeira PJ et coll., « Motivation, self-determination, and long-term weight control », International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity, 2012.
  3. Lally P et coll., « How are habits formed: modelling habit formation in the real world », European Journal of Social Psychology, 2010.
  4. Gollwitzer PM et Sheeran P, « Implementation intentions and goal achievement: a meta-analysis of effects and processes », Advances in Experimental Social Psychology, 2006.
  5. Mann T et coll., « Medicare's search for effective obesity treatments: diets are not the answer », American Psychologist, 2007.
Cet article est informatif et relève du bien-être. Il n'établit aucun diagnostic et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Pour toute question sur ta situation personnelle, parles-en à ton médecin.

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